En 2026, Instagram et TikTok ne se contentent plus de relayer les tendances mode. Ils les fabriquent, les accélèrent et les monétisent. La temporalité s’est contractée. Une esthétique naît sur TikTok, se stabilise sur Instagram, puis arrive en social commerce quelques semaines plus tard. Cette compression du cycle transforme à la fois la création, l’influence et la consommation.
Les marques de mode aujourd’hui ne pilotent plus uniquement leurs collections selon des saisons, mais selon les signaux des plateformes sociales : pics de recherche, viralité vidéo, taux de sauvegarde, conversions en live shopping…
La fin des tendances globales : bonjour les communautés.
Le modèle des grandes tendances dominantes laisse place à une multiplication de micro-esthétiques. Chaque communauté possède ses codes, ses silhouettes, ses références culturelles.
Les tendances qui prennent déjà de la place dans nos feeds en 2026 :
- L’Office Siren revisite le vestiaire corporate avec des coupes cintrées, des chemises structurées, des lunettes rectangulaires et des palettes froides.
- Le Neo-Boho privilégie les matières fluides, la transparence, les tons naturels et les bijoux organiques.
- Le Sport Utility, c’est un mélange de vêtements techniques, poches cargo et textiles performance.
- Le Soft Luxury est la continuité du quiet luxury, avec minimalisme, matières premium et logos invisibles.
- Le Y2K Futurist réactive le nylon, le métallisé et les accessoires technoïdes hérités des années 2000.
La domination du shoppable content
La vidéo courte verticale reste le format central depuis plusieurs années déjà, mais sa fonction évolue : elle devient directement shoppable. Les contenus mode les plus performants sont construits pour déclencher l’achat : Hauls scénarisés, “Get Ready With Me” contextualisés, essayages cabine, transformations avant/après… La créativité et l’incarnation sont la clé.
Les plateformes sociales ne sont plus uniquement de l’inspiration, aujourd’hui elles convertissent en un seul clic. Le contenu inspirationnel pur recule au profit du contenu actionnable. L’utilisateur doit pouvoir acheter sans quitter la plateforme.
L’explosion de l’athleisure et de l’influence fitness
La frontière entre mode et sport n’existe plus vraiment. Le vêtement de fitness devient une tenue quotidienne. Les ensembles coordonnés dominent : leggings sculptants, brassières, hoodies oversize, vestes zippées techniques… Certaines marques dominent les classements d’influence et d’EMV en France, notamment Gymshark avec 8,3 millions de followers sur Instagram et un fort engagement de leur communauté.
Selon les analyses d’influence social media, Gymshark arrive en haut du classement particulièrement grâce à la puissance de sa stratégie créateurs et à son earned media value élevé. Le succès repose sur un trio stratégique : performance produit, incarnation par des coachs, narration transformation physique.
Le retour du branding visible
Après plusieurs années de feeds dominés par la discrétion esthétique et le minimalisme, les couleurs réapparaissent massivement. Monogrammes oversize, pièces signature reconnaissables, archives revival 90s et collaborations capsules réinjectent de la visibilité immédiate dans les silhouettes.
Logique algorithmique : un produit identifiable génère davantage de repost, de dupe content et de conversations sociales. La reconnaissance visuelle rapide devient un levier de viralité. Une marque qui a bien compris cette logique, c’est cruelpancake. La marque de prêt-à-porter, fondée par l’influenceur Hugo Philip, mari de Caroline Receveur, ne passe pas inaperçue. Leur collection est assumée, avec des couleurs qu’on est pas prêts d’oublier, et c’est un parti pris que l’on aperçoit en un seul coup d’œil sur leur feed Instagram. Ils sont identifiables et reconnaissables.
Les followers ne comptent plus : la montée des nano et mid-influenceurs.
Les stratégies d’influence se décentralisent. Les marques réduisent leur dépendance aux macro-créateurs au profit de profils plus nichés.
Et cette stratégie a de nombreux avantages : engagement supérieur, audience plus ciblée, authenticité perçue plus forte, avec des coûts plus faibles.
Les formats performants ne sont pas forcément les plus créatifs ou les plus esthétiques : Vlogs quotidien, essayages non retouchés, comparatifs qualité, outfit repeat assumé… La répétition d’exposition avec des collaborations sur le long terme remplace la logique d’égérie unique.
Le storytelling personnel comme moteur d’engagement
La performance d’un contenu mode ne repose plus uniquement sur la tenue présentée. Les créateurs contextualisent leurs looks à travers des récits personnels : situations sociales, confiance en soi, évolution corporelle, moments de vie.
Cette dimension narrative humanise le vêtement, renforce l’identification et augmente la mémorisation. L’outfit devient support d’expression, pas seulement objet esthétique.
Conclusion
En 2026, Instagram et TikTok structurent l’ensemble de la chaîne de valeur mode : détection des signaux, amplification créative et conversion intégrée. Les plateformes ne sont plus des vitrines, mais des environnements transactionnels complets où visibilité, désirabilité et achat coexistent ensemble.
La performance repose désormais sur trois piliers : lecture fine des données sociales, production vidéo native et capacité à transformer l’attention en conversion immédiate. Les marques capables d’orchestrer ces dimensions en temps réel prennent un avantage mesurable.
Les 5 actions pour performer en 2026
- Mettre en place une veille data continue pour détecter les signaux émergents.
- Concevoir votre stratégie en logique vidéo et social commerce dès le départ.
- Activer un mix de nano et mid-influenceurs à forte affinité.
- Intégrer la conversion dans les contenus.
- Mesurer l’impact business au-delà de la simple portée.





